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Quel verdissement pour les prairies permanentes dans la future PAC ?

Mis à jour le 13/06/2018
Publié le 13/02/2018
Mots-clés : PAC - VERDISSEMENT - PRAIRIE

Avec 67 millions d’hectares, les prairies permanentes (surface en herbe en place depuis plus de 5 ans) couvrent aujourd’hui environ 40% de la SAU de l’UE-27. À quelques exceptions près, ces surfaces ont diminué de 20 à 30% depuis les années 70, surtout en zone de plaine, en relation étroite avec la réduction concomitante du cheptel de ruminants qui les valorisent et avec l’intensification fourragère.

Les services agronomiques et écosystémiques rendus par la prairie de longue durée sont nombreux et reconnus, à défaut d’être toujours quantifiés avec précision. De la fixation du carbone au maintien de la biodiversité, en passant par la régulation des flux d’eau et de nutriments et la qualité des produits animaux, ces prairies jouent un tel rôle dans les équilibres écologiques et économiques des territoires que leur forte diminution en devient préoccupante. En conséquence, ces surfaces en herbe justifient d’une réglementation particulière adaptée.

Ces surfaces ont bénéficié directement (MAE, PHAE) ou indirectement (ICHN) d’aides diverses qui ont sans doute contribué à limiter l’érosion des surfaces mais n’ont pas été suffisantes pour la stopper. C’est surtout la redistribution des aides réalisées au moment du bilan santé de la PAC et la conditionnalité introduite concernant le non-retournement des prairies qui a permis de ralentir fortement l’érosion des surfaces (malgré des évolutions encore notables dans quelques régions). Cependant la réglementation associée au non-retournement des prairies, malgré ses bonnes intentions, a eu quelques effets pervers indésirables qu’il faudrait corriger (réduction des surfaces déclarées en prairies permanentes dans un souci d’anticipation du renforcement des BCAE, optimisation environnementale plus difficile dans certains territoires du fait d’un retournement trop précoce des prairies pour éviter le couperet des 5 ans).

Il s’agirait d’abord de davantage responsabiliser les éleveurs, en raisonnant à l’échelle de l’exploitation plutôt que d’évaluer les conséquences et appliquer les sanctions à l’échelle de la région. Ce qui nécessitera des adaptations afin de ne pas scléroser les systèmes en évolution. D’autre part, l’attribution d’aides pourrait/devrait être plus spécifique des services écosystémiques rendus en veillant à ne pas proposer un système d’attribution trop compliqué à mettre en œuvre (prime et interdiction de retournement pour des prairies de 10 ans ou plus). Un engagement sur la durée permettrait de prendre en compte une gradation dans les services rendus et d’y associer des aides proportionnées. Enfin, développer une politique de stimulation, encourageante plutôt que de contraintes et sanctions afin de donner envie aux éleveurs de s’engager dans le maintien de ces surfaces en herbe semble souhaitable.

Par Jean-Louis Peyraud (Inra de Bretagne-Normandie et Centre-siège, PHASE, DS Agriculture) et Luc Delaby (Inra de Bretagne-Normandie, PHASE)

Quel verdissement pour les prairies permanentes dans la future PAC ?